NotMad : à la découverte du Vietnam en moto

On poursuit les interviews de motards avec celle de Cynthia, qui nous raconte son aventure en 2 roues sur les routes du Vietnam. Pour raconter son aventure, Cynthia a sorti un projet baptisé Notmad que vous pouvez découvrir sur notmad.fr. Elle a gentiment accepté de nous présenter son projet ici. Je lui laisse la parole.

Bonjour Cynthia, peux-tu nous présenter ton projet de guide de voyage ?

Hello Seb, alors mon guide de voyage à moto au Vietnam s’appelle NotMad et il est au format numérique. Ce projet m’est venu à l’esprit pendant mon voyage à moto au Vietnam.

On me disait ou demandait souvent: « Comment tu fais toute seule ? », « Tu n’as pas peur ? », « Ça coûte combien ? », « Moi aussi je veux le faire mais je n’ai jamais fait de moto avant ! » etc. Je me suis dit qu’un guide à ce sujet pourrait être utile au vu de toutes ces questions (et aussi parce que j’adore aider les autres et leur permettre de réaliser leurs rêves). 🙂

J’ai entièrement écrit NotMad grâce à mes propres expériences de débutante qui a voyagé à moto au Vietnam pour justement permettre à d’autres débutant(e)s d’oser se lancer dans une telle aventure. J’ai remis le nez dans mes carnets de voyages pour utiliser mes notes et pour créer un guide vraiment unique et utile. Dedans, je partage quelques anecdotes, des informations à propos de l’achat, la conduite et la vente d’une moto au Vietnam, des détails sur le budget à prévoir, des infos sur mon itinéraire détaillé, du vocabulaire technique lié à la moto, des points précis sur la réglementation, les dangers, etc.

En clair, j’ai rassemblé tout ce que j’ai appris et des informations que j’ai parfois eu du mal à obtenir pendant mon trip pour faciliter la réalisation d’un tel voyage à d’autres personnes.

NotMad n’a strictement rien à voir avec les célèbres guides de voyage (que j’aime beaucoup d’ailleurs) et je tiens à le préciser. Dedans, vous ne trouverez pas d’infos sur les meilleurs restaurants ou les meilleurs hébergements car j’ai décidé de me concentrer uniquement sur le voyage à moto au Vietnam. Bien sûr, je partage mon avis sur les endroits qui ont retenu mon attention ou que je recommande particulièrement sur la base de mon itinéraire mais je parle uniquement de ce que j’ai vécu ou testé personnellement. Je propose d’ailleurs d’autres sources d’informations pour approfondir les recherches sur le Vietnam.

NotMad c’est tout simplement un guide numérique pour voyager à moto au Vietnam quand on n’y connaît absolument rien en moto (comme moi avant d’avoir fait ce trip d’un mois) !

moto vietnam

La machine de Cynthia pour son voyage au Vietnam : une Honda Win 100

Voyager en moto : comment ça s’est décidé ?

Très honnêtement, ça faisait des années que je rêvais de voyager à moto. Mon papa est motard et quand j’étais plus jeune, je lui réclamais constamment d’aller faire des tours avec lui. Aussi, j’ai pas mal traîné avec des garçons qui avaient des scooters ou des motos. J’ai toujours aimé les deux-roues et la vitesse (même sur quatre roues tu me diras 🙂 ) !

L’ennui c’est qu’avant de vivre mon voyage à moto au Vietnam, je me sentais coincée par le fait de ne pas avoir de permis moto… Je me disais « un jour je passerai mon permis moto et je voyagerai à moto ! » et même si je sais que je finirai bien par passer ce permis, je n’ai pas voulu attendre pour réaliser mon rêve.

Les quatre mois précédant mon arrivée au Vietnam, j’ai voyagé entre l’Inde, le Népal, la Birmanie et le Cambodge à pied, en bus, en train, à vélo, à scooter mais quand j’ai commencé à penser au Vietnam, j’ai découvert que ce pays se découvrait le mieux à moto et sans forcément avoir besoin de permis pour un engin de moins de 125 cc. Sans surprise, je me suis dit que c’était le moment de me lancer (et j’en avais tellement envie) !

Pourquoi le Vietnam ?

Juste avant, j’étais au Cambodge et je réfléchissais à aller au Japon ou en Nouvelle-Zélande. L’ennui, c’est qu’en avril (2015), je me trouvais au Népal pendant le séisme qui a dévasté le pays et pour ne rien te cacher, j’étais tellement traumatisée et terrifiée à l’idée de revivre un tremblement de terre que j’ai finalement abandonnée l’idée du Japon ou de la NZ (où les séismes sont plus ou moins fréquents).

Du coup, je me disais que le Vietnam me permettrait de « boucler la boucle » de l’Asie du Sud-Est dans la mesure où j’ai pas mal baroudé dans ce coin de la Planète. La plupart des voyageurs et des Cambodgiens me disaient que le Vietnam était un pays magnifique mais que les Vietnamiens n’étaient pas hospitaliers. J’ai tellement entendu ça que je n’avais pas particulièrement envie d’y aller. Finalement, je me suis dit que je me ferais mon propre avis en y allant et j’ai franchement bien fait (d’autant plus que je les ai trouvés très hospitaliers ces Vietnamiens) ! Alors voilà pourquoi le Vietnam. Je n’y étais encore jamais allée et je pouvais y voyager à moto alors je n’ai pas hésité très longtemps (pour preuve, j’ai pris mon billet d’avion et mon visa 3 jours avant de partir).

Tu as appris la moto pendant ton voyage ? Tu dois avoir des anecdotes insolites à nous partager, je me trompe ?

Hahaha oui, j’ai appris à conduire ma moto le jour où je l’ai achetée au Vietnam. C’est Sergio, un colombien qui voyageait avec sa femme et son frère qui m’a vendu sa moto et qui m’a appris à la conduire ! Quand j’y repense, ça me fait constamment sourire parce que je me revois ce jour-là, à la fois excitée et heureuse en me disant aussi « bordel, mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? ». C’est vrai, je n’avais jamais conduit de moto et j’avais en tête de traverser un pays entier, toute seule, sans aucune expérience…

Côté équilibre, j’avais déjà conduit des scooters mais ils étaient tous automatiques et je me demandais comment j’allais pouvoir coordonner mes mouvements, mon équilibre, mon attention et mes membres pour conduire correctement et parvenir à passer les vitesses (oui, en fait, ce sont les vitesses qui « m’effrayaient » le plus !) … Sergio m’a vraiment bien aidée (heureusement) ! En clair, j’ai appris à conduire ma moto en deux tours de 5 minutes chacun en plein centre de Saigon et dans une circulation des plus abondantes qui puissent exister. Au moins, j’étais direct dans le bain haha ! 😀

achat moto cyn vietnam

Le jour J de l’achat de la moto

Côté anecdotes, c’est vrai que j’en ai un paquet ! Déjà, le simple fait d’être une femme, seule et à moto, je constituais une anecdote à moi toute seule… Chaque fois que je croisais des Vietnamiens et des voyageurs, j’avais droit à des regards intrigués, étonnés et admiratifs. Quant aux conducteurs de véhicules divers, ils me faisaient des appels de phares et des grands coucous ou des pouces levés haha ! C’était vraiment drôle et je reconnais que je me sentais plutôt fière à dos de ma petite Honda Win 100 ! 🙂

Pour te raconter une anecdote, le premier jour de route, j’ai vraiment galéré pour quitter Ho Chi Minh City… Je stressais parce que je ne connaissais pas encore ma moto, je n’avais pas de GPS donc je m’arrêtais toutes les 2 minutes pour vérifier que j’étais sur la bonne route en m’aidant de la géolocalisation sur mon smartphone, il faisait chaud et j’avais chaud intérieurement aussi, je n’arrivais pas toujours à trouver le point mort de la moto, bref, je n’étais pas vraiment sereine et encore moins quand je devais m’arrêter…

Au moment où je me suis aperçue que j’étais enfin sur le point de quitter la ville, je me suis engagée sur un semblant d’autoroute jusqu’à ce qu’un agent de police se mette en travers de mon chemin en m’indiquant que je ne pouvais pas continuer par là (cette route était en fait interdite aux deux-roues mais je ne le savais pas…).
Bref, une fois du bon côté de ma route, j’hurlais et je souriais constamment sous mon casque tellement j’étais heureuse et fière de me lancer dans une aventure qui s’annonçait complètement dingue !

En ce premier jour à moto, j’ai connu ma première petite galère… Alors que je roulais à 70/80 km/h (c’est une estimation car mon compteur de vitesse ne fonctionnait pas correctement) sur une route en excellent état, mon pneu arrière a crevé… Forcément, j’ai paniqué parce que ma moto était difficilement contrôlable, elle tortillait de l’arrière et j’avais peur de tomber. Je me suis rapidement rabattue sur le côté en me demandant comment j’allais faire… Il devait être autour de 17h et le soleil entamait sa descente pour se coucher alors je flippais de me retrouver à devoir conduire la nuit pour ma première journée de route… Finalement, j’ai marché quelques minutes en poussant ma moto et je suis tombée sur une espèce d’épicerie qui vendait de tout et de n’importe quoi. Ne parlant pas le vietnamien, j’ai tenté une entrée en contact en anglais avec les gens qui étaient là tout en montrant que j’avais un pneu crevé. Une femme m’a fait signe de patienter. Son mari est arrivé 5 minutes après sur son scooter. Ni une ni deux, il m’a filée son scoot’ et a enfourché ma moto. Je me disais qu’il allait me flinguer ma pauvre bécane mais je me suis tu tout en le suivant avec confiance et en conduisant son scooter.

pneu creve

Un voyage en moto sans crevaison ? Ça n’existe pas !

Environ un kilomètre plus loin, nous sommes arrivés chez un mécano alors j’ai lâché un soupir de soulagement. Mon sauveur et le mécano ont échangé deux ou trois mots et j’ai rapidement compris que ce dernier ne pouvait rien faire pour réparer mon pneu crevé… Nous avons repris la route, mon sauveur sur ma moto et moi sur son scooter. À peu près un autre kilomètre après, nous retrouvons un autre mécano et là, bingo ! Un petit jeune s’est immédiatement mis à désosser ma roue pour remplacer la chambre à air crevée. Il m’a montrée le trou et le coupable de cette incision: un clou… Standard me direz-vous…

clou pneu

L’objet du crime : un clou !

Bref, il a réparé tout ça en quelques minutes pour 90000 dong soit environ 3,50 euros. Je lui en ai donnés 100000 (dong, pas euros haha). Bien entendu, j’ai absolument eu envie de remercier mon sauveur alors je lui ai tendu de l’argent qu’il a refusé catégoriquement. J’ai insisté. Il a refusé. Au final, je l’ai suivi jusqu’à son « bar » (je mets des guillemets car c’était plutôt un garage avec un vieux billard, quelques chaises et tables en plastique, attenant à sa maison). Là, il m’a présentée à son fils (qui devait avoir 2 ou 3 ans) et avec lequel j’ai joué cinq minutes (j’étais complètement gaga)… Je voyais que le ciel devenait de plus en plus obscur alors j’ai acheté une bouteille d’eau et ai remercié mon sauveur encore une fois avant de reprendre la route.

Voilà, premier jour de route, première (et unique) crevaison et premières rencontres qui m’ont tout de suite fait aimer le Vietnam. Ce qui s’apparentait à une galère s’est transformée en un moment de partage et de bienveillance. J’ai ridé mes derniers kilomètres dans la nuit à la recherche d’un hébergement dans le coin de Mui Ne.
Après cet épisode, j’ai tout de suite compris que je ne risquais rien et que même si j’allais tomber en panne, il y aurait toujours des solutions. Sur mes 3400 km à moto, c’est exactement ce qui s’est passé !

Pas trop de bobos ? Pas trop de problèmes techniques ?

Aucun bobo ! Incroyable mais vrai ! Je roulais toujours prudemment (j’aime la vitesse et l’adrénaline mais je tiens à ma vie). Je reconnais que lorsque la route et la visibilité s’y prêtaient, je m’éclatais un peu pour tester les limites et la puissance de ma moto. Je tiens quand même à préciser qu’au fil des kilomètres, j’ai naturellement eu confiance en ma moto puisque je la connaissais de mieux en mieux.

Pour tout te dire, je me suis faite quelques bonnes grosses frayeurs particulièrement à cause de la météo, des types de routes, des pistes, des animaux errants et des accidents de la route auxquels j’ai assisté mais je ne me suis rien esquintée (fort heureusement). Maintenant, c’est vrai que tu as beau être prudente à moto, le danger peut venir de partout.

Pour ce qui est des problèmes techniques, j’ai eu quelques couacs du genre fuite d’huile, fuite d’essence, mâchoires de freins usées, chaîne détendue, câble d’embrayage cassé, eau dans le réservoir d’essence, panne du démarreur électrique, etc. En somme, rien de bien grave et ça faisait partie de l’aventure (en sachant que je roulais sur une bécane avec beaucoup – trop ? – de kilomètres au compteur).

Maintenant cette expérience terminée, as-tu d’autres expéditions en 2 roues de prévues ?

Alors oui, je retourne au Vietnam pendant trois mois minimum (de début novembre à début février) pour y voyager à moto de nouveau, seule (de nouveau), sauf que cette fois-ci je vais commencer par le nord pour me diriger vers le sud, tranquillement. J’ai envie de traîner dans les montagnes (j’adore les reliefs) d’autant plus que l’année dernière, pendant mon trip d’un mois en juillet 2015, j’ai pas mal ridé sous la pluie donc je n’ai pas toujours pu profiter pleinement des splendides panoramas montagneux du nord du pays. C’est ma seule expédition à moto imminente mais ce n’est certainement pas la dernière ! 😉

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui souhaiteraient se lancer dans une aventure similaire ?

Foncez ! Allez-y ! Sans rire, je me dis que je n’ai rien de plus et rien de moins qu’une autre nana ou qu’un autre mec et pourtant, même sans avoir conduit de moto avant, et bien j’ai appris sur le tas et j’ai pu réaliser mon rêve sur des milliers de kilomètres ! Je n’aime pas vraiment me placer en tant que donneuse de conseils mais s’il s’agit de quelque chose de précis que j’ai personnellement expérimenté, alors là oui, j’encourage vraiment toutes les personnes qui rêvent ou qui ont tout simplement envie de faire un tel voyage à moto au Vietnam ! Et puis un dernier conseil: vous pouvez acheter mon guide NotMad pour vous permettre de faire ce voyage absolument incroyable ! 😉

PS: merci beaucoup de m’avoir proposée cette interview Seb ! Je suis flattée que tu ai pensé à moi qui ne suis même pas (encore) une vraie motarde ! 🙂

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